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Mon rétro ! par JP Song

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Nationale 7, l’endroit est sympa, il fait beau, les gens souriants, la belle vie en somme, sauf que je n’ai rien à glander dans le coin sinon attendre que les éminents spécialistes qui s’affairent sur le train avant de notre taxi brousse puissent nous permettre de repartir. Après quelques palâbres hautement philosophiques avec mes co-taxibroussiers je m’éloigne un peu afin d’apprécier l’environnement tout en observant les allers et venues.
Un gonze à vélo tenant une binette dévale tranquillou du côté opposé de notre épave, il est presque à hauteur de celle-ci quand un abruti venant en sens inverse nous double à fond la caisse avec sa torpédo et évidemment, comme l’espace est restreint, la main du pauvre bougre à vélo est violemment percutée par le rétroviseur de la tuture.
Le chauffeur (fard) s’arrête, à ce moment là je m’attends à un tollé général de la part des témoins en faveurs du cycliste, en fait je comprends à cet instant le sens de l’équité malgache, dans la pampa du moins. Monsieur, costard cravate, sort de sa bagnole en vociférant après le pauvre bougre tout en lui montrant l’étendu des dégâts, un rétro destroyé. Ce pauvre bougre aurait eu lui aussi un costard cravate qu’il lui aurait manqué l’essentiel, la voiture qui accrédite forcément son chauffeur.
Donc, la populace présente compatit devant l’étendue inconcevable des dégâts, un rétroviseur que seul le propriétaire de la chose va devoir changer à ses frais vu le peu de ressources flagrant du cycliste. Celui-ci ne pipe mot, tout confondu qu’il est. A ses quelques grimaces et après m’être approché de lui je comprends qu’il a morflé, sa main est sacrément enflée.
Ce n’est pas l’envie qui me manque de mettre un pain à l’autre con qui n’arrête pas de gueuler, mais seul blanc au milieu de ce troupeau je m’écrase comme une merde. Chacun repart dans sa direction, nous aussi mais beaucoup plus tard…

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Graines de bitume, enfants de la rue, Tana

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